Reprenons le fil de ce jour 2. Ce matin était consacré aux courses à Costco, une vraie découverte du Way of Life américain et du monde de la consommation, une sorte de claque. De retour à la maison, notre premier repas américain fut plantureux : je ne sais pas ce que j'ai, je mange comme si j'avais été mis au jeûne forcé depuis six mois. Il faut dire que le pain est "fait maison", tout comme des tas d'autres plats, ingrédients et desserts dont je reparlerai lorsqu'on aura à nouveau faim...
Cet après-midi, très concentrée sur son rôle de Guide diplômée, notre hôtesse - appelons-la Deborah par exemple... euh non, appelons-la... Vanessa, ce n'est pas mal, Vanessa, non ?! - a judicieusement prévu de commencer par le... commencement, à savoir le Minneapolis historique, le centre de la ville originelle, le "downtown", ce qui fut à la fois le coeur et le poumon de cette cité : les bords industrieux du Mississippi. Et le centre, aujourd'hui d'une vie culturelle riche de son passé et tout entière tournée vers l'avenir.
Les rives du Mississippi constituent la partie la plus ancienne de Minneapolis. Les habitants ont organisé leur vie en fonction du fleuve, qui a fourni l'énergie et le transport nécessaires au développement économique et démographique de la ville. Minneapolis puise ses origines dans l'existence même de la seule cascade du fleuve Mississippi, les Chutes de St-Anthony, ainsi baptisées en hommage au Saint Patron du père Louis Hennepin, arrivé dans la région vers la fin du XVIIème siècle. Longtemps avant cette époque, les chutes étaient considérées comme sacrées par les peuples du Dakota et d'Ojibwe, qui occupaient alors les berges du fleuve. À partir de la fin du XVIIème siècle et jusqu'en 1803, elles furent alternativement contrôlées par les Français et les Espagnols, avant de devenir ensuite définitivement partie intégrante de l'état du Minnesota.
Minneapolis a plus de ponts sur le fleuve Mississippi que n'importe quelle autre communauté urbaine située sur ce fleuve - même en incluant les ouvrages mettant en oeuvre les techniques de suspension, de voûte de pierre, d'acier ou de béton. C'est également ici, le 23 janvier 1855, que fut "jeté" le premier pont sur le Mississippi, reliant ainsi Nicollet Island à l'avenue de Hennepin, ce qui est maintenant le côté "downtown" (centre ancien) de Minneapolis. Combiné à un pont datant lui-même de 1853 et reliant l'île Nicollet à l'autre côté du fleuve, ce pont suspendu est le tout premier pont d'envergure de tout le parcours du fleuve Mississippi.
Au milieu du XIXème siècle, les chutes furent domestiquées afin de fournir de l'énergie aux industries de minoterie et de bois de charpente; à partir de 1882 et pendant près de 50 années, les bords de la rivière furent alors aménagés en véritable ville dédiée à la production de farine. Minneapolis fut connue comme «la capitale mondiale de la minoterie», et plus officieusement, comme "ville des moulins" : la ville a grandi autour des moulins. En 1870, la population de la ville était de 13.000 habitants; vingt ans plus tard, elle atteignait près de 165.000 "âmes". Le grain entrait là par rail , grâce à un maillage de voies ferrées s'étendant en un réseau dense vers le Dakota et le Canada. Les trains transportaient également la farine à Duluth (lieu de naissance de Bob Dylan) et aux villes de l'est des États-Unis pour l'exportation et l'usage domestique.
Après la Première Guerre Mondiale, les changements apportés dans l'organisation des transports et de l'industrialisation menèrent au départ des entreprises, une sorte de "délocalisation" avant l'heure; les vieux moulins tombèrent en désuétude et l'activité déclina. Aujourd'hui, les bords du Mississipi (à Minneapolis) ont été revitalisés et réhabilités; c'est un endroit où les visiteurs ont plaisir à visiter le quartier, se balader, faire du vélo, dîner, écouter des concerts et aller au théâtre. Beaucoup de bâtiments historiques ont ainsi développé de nouvelles utilisations, même le Washburn, un moulin fermé en 1965, puis presque détruit par un incendie en 1991.
Arrêtons-nous un peu sur ce Washburn : construit en 1874, le moulin original fut d'abord soufflé par un "coup de poussière de farine", sorte de coup de grisou qui coûta 18 vies. L'explosion et le feu qui en résulta détruisirent une grande partie du secteur d'activité des bords du Mississippi, divisant par deux la capacité de production de Minneapolis. Un nouveau moulin fut reconstruit en 1880, équipé de machines de pointe permettant une exploitation sûre et la production d'une farine de haute qualité; c'était le moulin le plus grand et le plus technologiquement avancé du monde, comportant de nouveaux rouleaux automatiques en acier en lieu et place des meules traditionnelles. À son apogée, on prétendait que ce moulin fabriquait assez de farine pour faire 12 millions de pains de pain par jour. Lorsque les progrès de la technologie et les préférences des consommateur évoluèrent, le moulin devint obsolète et ses installations dépassées; il cessa son activité en 1965. Presque détruit en 1991, il vit ses ruines intégrées désormais au Mill City Museum (le musée de la "ville des moulins").
Cet après-midi, très concentrée sur son rôle de Guide diplômée, notre hôtesse - appelons-la Deborah par exemple... euh non, appelons-la... Vanessa, ce n'est pas mal, Vanessa, non ?! - a judicieusement prévu de commencer par le... commencement, à savoir le Minneapolis historique, le centre de la ville originelle, le "downtown", ce qui fut à la fois le coeur et le poumon de cette cité : les bords industrieux du Mississippi. Et le centre, aujourd'hui d'une vie culturelle riche de son passé et tout entière tournée vers l'avenir.
Les rives du Mississippi constituent la partie la plus ancienne de Minneapolis. Les habitants ont organisé leur vie en fonction du fleuve, qui a fourni l'énergie et le transport nécessaires au développement économique et démographique de la ville. Minneapolis puise ses origines dans l'existence même de la seule cascade du fleuve Mississippi, les Chutes de St-Anthony, ainsi baptisées en hommage au Saint Patron du père Louis Hennepin, arrivé dans la région vers la fin du XVIIème siècle. Longtemps avant cette époque, les chutes étaient considérées comme sacrées par les peuples du Dakota et d'Ojibwe, qui occupaient alors les berges du fleuve. À partir de la fin du XVIIème siècle et jusqu'en 1803, elles furent alternativement contrôlées par les Français et les Espagnols, avant de devenir ensuite définitivement partie intégrante de l'état du Minnesota.
Minneapolis a plus de ponts sur le fleuve Mississippi que n'importe quelle autre communauté urbaine située sur ce fleuve - même en incluant les ouvrages mettant en oeuvre les techniques de suspension, de voûte de pierre, d'acier ou de béton. C'est également ici, le 23 janvier 1855, que fut "jeté" le premier pont sur le Mississippi, reliant ainsi Nicollet Island à l'avenue de Hennepin, ce qui est maintenant le côté "downtown" (centre ancien) de Minneapolis. Combiné à un pont datant lui-même de 1853 et reliant l'île Nicollet à l'autre côté du fleuve, ce pont suspendu est le tout premier pont d'envergure de tout le parcours du fleuve Mississippi.
Au milieu du XIXème siècle, les chutes furent domestiquées afin de fournir de l'énergie aux industries de minoterie et de bois de charpente; à partir de 1882 et pendant près de 50 années, les bords de la rivière furent alors aménagés en véritable ville dédiée à la production de farine. Minneapolis fut connue comme «la capitale mondiale de la minoterie», et plus officieusement, comme "ville des moulins" : la ville a grandi autour des moulins. En 1870, la population de la ville était de 13.000 habitants; vingt ans plus tard, elle atteignait près de 165.000 "âmes". Le grain entrait là par rail , grâce à un maillage de voies ferrées s'étendant en un réseau dense vers le Dakota et le Canada. Les trains transportaient également la farine à Duluth (lieu de naissance de Bob Dylan) et aux villes de l'est des États-Unis pour l'exportation et l'usage domestique.
Après la Première Guerre Mondiale, les changements apportés dans l'organisation des transports et de l'industrialisation menèrent au départ des entreprises, une sorte de "délocalisation" avant l'heure; les vieux moulins tombèrent en désuétude et l'activité déclina. Aujourd'hui, les bords du Mississipi (à Minneapolis) ont été revitalisés et réhabilités; c'est un endroit où les visiteurs ont plaisir à visiter le quartier, se balader, faire du vélo, dîner, écouter des concerts et aller au théâtre. Beaucoup de bâtiments historiques ont ainsi développé de nouvelles utilisations, même le Washburn, un moulin fermé en 1965, puis presque détruit par un incendie en 1991.
Arrêtons-nous un peu sur ce Washburn : construit en 1874, le moulin original fut d'abord soufflé par un "coup de poussière de farine", sorte de coup de grisou qui coûta 18 vies. L'explosion et le feu qui en résulta détruisirent une grande partie du secteur d'activité des bords du Mississippi, divisant par deux la capacité de production de Minneapolis. Un nouveau moulin fut reconstruit en 1880, équipé de machines de pointe permettant une exploitation sûre et la production d'une farine de haute qualité; c'était le moulin le plus grand et le plus technologiquement avancé du monde, comportant de nouveaux rouleaux automatiques en acier en lieu et place des meules traditionnelles. À son apogée, on prétendait que ce moulin fabriquait assez de farine pour faire 12 millions de pains de pain par jour. Lorsque les progrès de la technologie et les préférences des consommateur évoluèrent, le moulin devint obsolète et ses installations dépassées; il cessa son activité en 1965. Presque détruit en 1991, il vit ses ruines intégrées désormais au Mill City Museum (le musée de la "ville des moulins").
Belle balade en vérité que celle de cet après-midi, riche en découvertes et en kilomètres à pied (ça use, ça use, mais c'est trop bon..). En prendre plein les yeux devient déjà une habitude dont on ne se lasse pas. Qu'il s'agisse de ce majestueux Mississippi qui a su créer autant d'emplois, de ces monumentales et austères façades vieillottes derrière lesquelles on imagine sans peine tout un monde laborieux et fébrile, de ces nombreux espaces verts qu'on parcourt avec nonchalance, de ce panorama unique qu'on découvre sur le Mississippi du haut de ce "ponton suspendu" qu'on va "chercher" en passant par un "méga-complexe" de salles de théâtre, ou de ce Coca "à volonté" qu'on sirote avec une délectation non coupable dans l'espace "café" du Mill City Museum, l'après-midi en a séduit plus d'un...
Superbe récit! C'est la balade que je préfère, été comme hiver. Le Vieil Homme est gelé en ce moment!
RépondreSupprimer